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@Dan Laurentiu Arcus 2018

Le monde d’aujourd’hui nous assaille d’images de plus en plus violentes où la vulgarité et la futilité tiennent lieu de refuge. L’information circule vite, sans filtres et souvent sans recul. Il est difficile de décrypter le vrai du faux et il est assez confortable de rester dans l’ignorance, tout en continuant à avaler ces images.

      Mon père me répétait souvent: c’est pas grave, le pays a aussi besoin de “médiocres”, lorsqu’il découvrait mes résultats décevant. Cette ritournelle résonna tellement en moi que je décidai de tout faire pour parvenir à cette élite intellectuelle tant respectée par la société. Et je me demandais souvent qui étaient ces médiocres que l’on pointe du doigt. Tour à tour ils prenaient dans mon imaginaire l’apparence d’un gitan ou d’un alcoolique, ou bien devenaient tellement floues et indéfinissables qu’ils étaient sûrement ces gens que l’on ne regarde pas ou que l’on ne regarde plus. En tout cas aux yeux de beaucoup ils étaient ces ignares qui ne se contentaient que de leurs besoins primaires et basics accompagnés de tous les vices possibles. 

      Ensuite j’ai étudié la mode à l’université d’art et me suis retrouvé propulsé à Bucarest au milieu de cette élite tant fantasmée et désirée. Quelle ascension! Au fond de moi résonnait toujours cette ritournelle sur la nécessité de la médiocrité dans la société et ne comprenais toujours pas qui étaient donc ces ignorants. Et le milieu dans lequel j’évoluais m’en protégeait évidemment!Puis je décidai de tenter ma chance à Bruxelles et n’eut d’autres choix que de faire comme tout le monde, travailler pour vivre. Je fus ouvrier, vendeur, j'ai fait aussi le ménage etc… Je devenais petit à petit ce gitan roumain, cet ouvrier poussiéreux, ce vendeur de kitch tant associé dans mon esprit à ce que je ne voulais pas devenir par peur d’atteindre cette redoutable médiocrité. Pourtant j’ai finis par comprendre ce que cela voulait bien dire et avais enfin la réponse à ma question. J’étais depuis si longtemps nourri d’orgueil et d’arrogance dans ma sphère à Bucarest que j’étais effectivement parvenu à cette médiocrité sans même m’en rendre compte. Le manque d’humilité m’avait aveuglé et la réalité m’ébranla. 

     

      Ma recherche artistique aujourd’hui se focalise sur les différents aspects de l’ignorance, ses effets sur la société et l’esprit humain, sur son parfum séducteur quand le mirage du confort s’installe comme statu quo. 

      Je peins et dessine en me focalisant sur cette idée d’illusion apportée par le facile dans notre société. Sur les mirages provoqués par le consumérisme et les images vecteurs d’une réalité déformée. Je reste encore fort influencé par les codes de la mode et du costume que je reproduis volontairement dans mes images. Ils ont pour but de séduire le spectateur tout en restant suffisamment remaniés et décortiqués pour amener un inconfort, une part sombre. Chaque composition est un hybride étrange entre la figure humaine, le vêtement, le geste et l’environment. La couleur est traitée comme une intervention soudaine et inattendue, comme un accident. Cela créer de l’action sur le protagoniste parfois inactif et spectateur lui-même.

     Je m’inspire d’images puisées dans les archives des journaux en ligne ou des réseaux sociaux et je les re-manie de façon à recréer une image différente et singulière. Je créer un amalgame entre la réalité et l’imaginaire. Ces images extraites de leur contexte sont après réunies en un collage digitale qui est utilisé comme base pour un dessin ou une peinture.